Cet article est un extrait du dossier sur le design symbiotique paru dans la revue Azimuts N°35. Il aborde la question du réemploi dans le domaine du design.

Depuis deux cents ans l'industrie a cherché les moyens de produire des objets en série à moindre coût. Dans les pays anciennement industrialisés, la production d'objets standardisés a déjà pratiquement saturé le marché des besoins dits "primaires". L'accélération sans précédent de la productivité au début du siècle a permis de démocratiser l'accès aux biens de consommation, induisant dans le même temps une hausse considérable du volume de déchets. Basé sur une très forte consommation d'énergie et de matières premières, ce système trouve aujourd'hui ses limites dans l'épuisement des ressources naturelles.

    L'activité industrielle est soumise à de nombreuses mutations. Elle tend vers d'avantage de flexibilité dans l'innovation technique et dans l'organisation des modes de production. Cette souplesse s'exprime également à travers la conception du produit. Les designers pensent désormais le produit sur une base standardisée potentiellement modifiable selon les besoins du consommateur. C'est la série différenciée. La voiture en est un bon exemple ; proposée avec une gamme d'éléments optionnels qui rendent le produit modifiable au gré de la demande. Les objets techniques tels que l'Iphone sont également conçus pour être réappropriés par leur utilisateur grâce à une multitude d'applications téléchargeables. Le design se dirige vers un ensemble indivisible produit/service. Ceci pour être au plus proche de la réalité fragmentée et complexe de la vie, afin de prendre en compte la diversité socioculturelle des usagers.

    Cette conception, appliquée au système productif, exige de penser la production au sein d'un ensemble complexe qu'est la biosphère. Cela ne peut se concevoir sans un changement radical des modes de consommation et du cycle de vie de l'objet. (...)

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Ci-dessous : En fixant comme objectif premier la sensibilisation et le réemploi des déchets, le droit de l’Union européenne et sa transposition en droit français visent à raccourcir les cycles existants. Pour se faire elle instaure une hiérarchie dans le traitement des déchets par ordre de priorité : la sensibilisation, le réemploi et la réutilisation, le recyclage, les autres formes de valorisation et en dernier lieu l’élimination et l’enfouissement (Directive 2008/98/CE du 19 novembre 2008 relative aux déchets et abrogeant certaines directives JOUE n° L 312, 22 nov. 2008, p. 3, Ord. no 2010-1579 du 17 déc. 2010). Or, en définissant le déchet ainsi : « toute substance ou tout objet dont le détenteur se défait ou dont il a l'intention ou l'obligation de se défaire », le législateur confie la responsabilité de la qualification juridique de « déchet » aux propriétaires et aux détenteurs des biens. En décidant de ne pas abandonner son bien, mais de le confier à la filière du réemploi, le propriétaire raccourcira de facto le cycle de vie de son produit.

Dernière mise à jour le le 22-07-2014 par Baptiste Menu

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